[CAP Pâtisserie] Des week-end gourmands

J’ai l’impression de servir à rien. Je passe mon temps sous une lumière blanche, face à deux écrans, à répondre à des gens sur l’Internet. Alors souvent je regarde par la fenêtre en rêvant que les murs de béton gris se transforment en arbre, que j’attrape un écureuil, je refais le monde et ma vie, j’oublie les humains. Et puis y a un truc qui sonne dans mes écouteurs, c’est quelqu’un qui me contacte sur Twitter. Si j’ai réussi à ignorer les insultes sur les réseaux sociaux jusque là, aujourd’hui toute cette agressivité et négativité ambiante me déprime.

J’ai rempli des feuilles et des feuilles avec ce que j’aimerai faire si on me laissait libre. Y avait des feuilles avec des questions de personnalité, des feuilles avec des questions professionnelles, des feuilles avec des trucs nuls, des feuilles sur mes centres d’intérêt. Je me voyais bien forgeron parce que je joue toujours le forgeron dans mes jeux vidéo, mais j’ai pas trouvé de formation le week-end, alors un matin, j’ai tapé CAP Pâtisserie sur l’Internet, j’ai vu un Monsieur qui avait l’air gentil, qui proposait des cours le week-end, j’ai envoyé un mail, il m’a dit le prix, j’ai envoyé l’argent et j’ai attendu le mois de septembre avec impatience en rêvant d’une année stimulante, pleine de nouveaux challenges et je me suis endormie en pensant au fait que si j’arrivais à avoir un métier manuel, je pourrais concrétiser un de mes rêves et m’engager sur un bateau Sea Shepherd ! J’ai vaincu ma peur de toucher les produits maudits tels que le lait, les œufs, le beurre et je me suis convaincue qu’il fallait bien apprendre les bases pour pouvoir les adapter plus tard à une cuisine végétale.

Il y a maintenant plusieurs mois que les cours ont commencé et je me souviens de C. qui pâtisse à côté de moi et de son « c’est trop bien » lors de notre première tarte. Ses yeux brillaient, je me voyais dedans. Je me souviens de notre première rencontre à tous, des premiers échanges, de nos motivations personnelles, de notre têtes lorsque nous avons vu qu’il n’y avait qu’un seul garçon parmi toutes ces filles, de la découverte du chef que j’avais déjà espionné sur Internet (défaut professionnel, pardon), je me souviens de mon désarroi face au robot pâtissier, de mon envie d’en apprendre plus et de l’énergie qui chaque samedi réapparaît en moi.

Aujourd’hui je pâtisse toutes les semaines, j’attends ma confirmation d’inscription au CAP et je suis plus motivée que jamais pour y arriver et défendre mes convictions !

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