Un jour je prendrai la mer !

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Tous les midis je regarde par la fenêtre de l’atelier.

Un jour je prendrai la mer !

Je naviguerai jusqu’à m’échouer sur une île où je cultiverai mes légumes, j’aurai des poules et aussi une vache pour avoir de quoi manger. Je me ferai une maison en paille et j’apprendrai à faire du feu. J’ai pas besoin de grand chose, juste une vie simple !

– Maître Dizac, regardez ! Qu’est-ce qu’il fait ce bateau ? On dirait qu’il n’arrive pas à s’échapper de la houle.

Quand on a eu fini de travailler, le bateau avait déjà jeté l’ancre et la nuit commençait à tomber mais le capitaine ne semblait pas voir les signaux qu’on lui faisait. C’est dangereux d’être si près des côtes. « L’homme marin » n’aime pas qu’on tourne autour de son trésor. Les gens disent que sa colère déchaîne d’énormes vagues.

Le vent du soir s’est levé, des cris ont retenti, le bois a craqué, le navire s’en fendu en mille morceaux et les autres esclaves et moi, nous avons accompagné maître Dizac sur la plage vers 23h. C’était horrible, les gens nous appelaient à l’aide depuis le mat de misaine mais on ne pouvait rien faire. J’ai senti les larmes monter dans mes yeux noirs comme la nuit.

Le lendemain, on a retrouvé beaucoup de corps sur le rivage. On a jamais su d’où venait ce navire. Peut-être qu’il était français ou anglais. La vie a repris son cours. Je suis resté plusieurs années à regarder la mer par la fenêtre de l’atelier et à prier pour que les âmes des naufragés cessent d’errer autour du rocher. Un jour nous nous souviendrons de tous ces hommes.

Infos:

Cap 110, Anse Caffard, 97223 Le Diamant

 

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