La Doce ! Vamos !

J’ai l’impression que moins on possède de bien, plus on y tient et plus on en est fier.

 

J’ai aperçu La Boca, et c’est pas demain que ça fera partie des quartiers riches de Buenos Aires. Quand j’ai voulu m’y aventurer, une mamie m’a barré la route et m’a dit : « Ne va pas par là ma petite, il n’y a rien à voir et si quelqu’un voit que tu es touriste, il n’hésitera pas à te tirer dessus pour prendre ce que tu as. » Visiblement les habitant de La Boca n’ont pas grand chose et ne sont pas des anges, mais il y a une chose qu’ils possèdent, une chose dont ils peuvent être fiers et qui leur permet chaque semaine d’oublier leur quotidien :un club de foot légendaire, Boca Juniors !

 

J’ai parcouru ce continent pendant 6 mois, et comme partout dans le monde, quand on rencontre une nouvelle personne, ça finit trop souvent par parler football. Ici on parle parfois de Messi, de Zidane parce que je suis française et toujours de Maradona.

Pourtant dans le club de Maradona, son club de cœur, celui dans lequel il s’est révélé, et dont il est supporter, il existe un joueur bien plus fort que lui. Ce joueur là est craint sur tout le continent, c’est lui qui porte l’équipe vers le haut, c’est lui qui décide à quel moment il faut accélérer le jeu ou à quel moment il faut faire pression sur l’arbitre. Il a toujours été là et le sera sûrement toujours, ce joueur s’appelle La Doce, c’est le 12 ème joueur de la Boca.

 

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé aujourd’hui mais visiblement il s’est passé un truc, tous ceux qui se dirigent vers le stade ont un journal à la main. Il faut que je pense a en acheter un en sortant du stade parce que moi aussi je veux faire comme tout le monde. Ceci dit c’est peut-être juste pour être mieux installer. Le béton ça doit pas être super confortable, si c’est ça le Lonely Planet aurait pu prévenir !

Toute façon, même si le choripan était copieux, ces quelques verres de bières m’ont mis en forme et je vous préviens : je ne compte pas regarder le match tranquillement assise à attendre un but pour applaudir !

 

Ça y est, on est dans le stade et on a trouvé un petit coin pour s’asseoir.
Alors que chacun était en train de discuter avec son voisin, tout le stade se lève et se met a huer les quelques joueurs qui viennent d’entrer sur la pelouse, ce sont les adversaires du jours. Hou !!! Hou !! A peine leur échauffement commencé, voilà que les jets d’eau « automatiques » se mettent à les arroser! Ça nous fait bien rire. Ho mais qui voilà ? La Boca !!! Boca !!! Vamos !!! En moins de temps qu’il me faut pour l’écrire, 50 000 personnes sont debout et les premiers chants résonnent dans le stade. Les garçons devant moi m’invitent à chanter avec eux. Je comprends rien aux paroles mais c’est pas grave, on reprends l’air tous en cœur.

C’est l’heure du coup d’envoi. Une nuée de papillons vole depuis le haut de la Bombonera. Les journaux ! Se sont des milliers de petits carrés qui flottent dans les airs. J’encourage ma nouvelle équipe préférée et comme mes voisins j’applaudis chaque action. Maintenant je suis assise avec eux, ici nous sommes tous égaux, et je fais partie de leur famille, je n’ai plus rien à craindre.
Ces arbitres sont vraiment des vendus, c’est déjà le deuxième but qu’ils refusent pour des soit disant hors-jeu. Je sens le tremblement de terre sous mes pieds arriver et je pars 15 ans en arrière.
1994, la coupe du monde. Comment résister à cette sensation qui me plaît tant, comment résister à l’engouement du peuple pour un sport. Savoir que je suis dans les gradins avec des papys, des jeunes avec le costume de leur lycée, des familles, des enfants, des directeurs d’entreprise et des employés d’usine. C’est ça pour moi l’esprit foot. On se laisse emporter par la passion de son voisin, notre œil voit le but avant qu’il n’ait lieu, on se stresse quand le temps diminue et on chante jusqu’à ce qu’on n’ait plus de voix.

Aide aux routards:

Pas moyen de trouver des places par nous mêmes, tout comme pour d’autres qui vivent ici. Nous sommes passés par Vamos a la Cancha.

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