Une nuit en enfer!

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De Vilcabamba à La Balsa

Par Guillaume

Il y a de ça 10-15 jours, lorsque nous étions encore dans un pays civilisé, Maman nous a écrit et expliqué que de temps à autre ça lui ferait plaisir de pouvoir lire un article de Damien ou de moi histoire d’avoir aussi notre point de vue sur le voyage. Alors puisque c’était son anniversaire il y a quelques jours, je ne peux pas me permettre de me défiler.

L’histoire commence dans un petit hôtel de Vilcabamba en Équateur.
 
[…]
D: On part quand pour le Pérou, demain?
S: Ouais demain, mais je te préviens il n’y a qu’un poste frontière qui n’est pas tout près, alors prépare toi a 4 jours de bus!
G: Hum sur la carte on dirait qu’il y a une route, ou un chemin… qui part de Vilcabamba et va directement au Pérou.
S: Fait voir, hum Zumba… La Balsa… Jaén…
[…]

Après quelques heures de recherche, nous avons la certitude qu’il existe une autre façon de passer la frontière que celle expliquée dans le Guide du Routard ou le Lonely Planet. Nous préparons donc nos sacs pour prendre le dernier bus à destination de Zumba, la dernière ville d’Équateur. (enfin si ça rentre dans la catégorie ville).
Le bus doit passer entre 22h et minuit sur l’unique route qui traverse Vilcabamba.
Entre temps on a embarqué une anglaise avec nous, car elle aussi avait prévu de rejoindre l’Est du Pérou sans faire 4 jours de bus en passant la frontière à l’Ouest.

Nous avons fini par monter dans le bus aux alentours de 23h, avec une 20aine de collégiens en uniforme sortis de nul part, et c’est là que tout a commencé.

 

Alors que le bus de chez Sur Oriente faisait un bruit de motoculteur, la lumière s’est tamisée et nous avons commencé à gravir les montagnes à la sortie de Vilcabamba.
L’anglaise était a côté de moi et ça nous a bien fait marrer, on a vraiment cru que cette fois on partait pour l’espace et que nous allions rencontrer les Aliens de Vilcabamba.

Sauf qu’au lieu de déconner, on aurait du essayer de trouver le sommeil tant que nous le pouvions car la suite du voyage allait être sacrément mouvementée.

 

Toutes le lumières du bus se sont éteintes et plus nous avancions, plus la route était mauvaise, et plus le bus faisait de bruit. Je ne sais pas si vous avez déjà passé la nuit dans un char Leclerc lancé à pleine allure à travers champs, mais ça doit être assez proche de ce que nous avons vécu.
On a traversé une rivière, fait une halte au milieu d’un terrain de foot désert, croisé un bus poursuivi par la police, notre conducteur a dû ensuite négocier sévère avec des barrages militaires pour qu’ils acceptent de nous laisser passer, et nous nous sommes même battus avec le gérant d’un cirque. Oui je sais c’est étrange, mais le bus a essayé de passer entre des tentes installées au milieu de la route, et c’est pas passé…

Nous sommes arrivés au terminal de bus de Zumba à 4h du matin. Avec 2h d’avance ne me faites pas croire qu’on n’a pas coupé à travers champs !
On a essayé de dormir en attendant le bus de 8h qui nous mènerait au poste frontière de La Balsa, mais je ne crois pas que l’un d’entre nous ait trouvé le sommeil.

Il est arrivé un peu avant 8h, on la vu venir de loin avec son papier déchiré sur lequel était écrit La Balsa. Et quand il s’est garé devant nous, nous nous sommes tous regardés avec un sourire interrogateur.
Puis un homme en est descendu et nous a lancé un « Hola gringos, pour passer la frontière c’est celui là! » En désignant le camion derrière lui. On avait du mal à y croire mais pourtant c’était bien vrai, on allait rejoindre la frontière avec l’étrange bus du monsieur.
A 8h tapante nous sommes partis accompagnés par les paysans du coin à bord du « bus » qui mène à La Balsa. C’était un vieux camion aménagé avec quelques planches histoire de faire un toit et des sièges. Nous avons roulé 2h sur des chemins escarpés a travers la montagne, et ce fût l’une des plus belles balades que nous ayons faite en Équateur. Notre nuit de souffrance était bien peu de chose comparée au cadeau que la nature Équatorienne nous faisait ce matin là.
Pour finir on a découvert deux postes frontières au creux des montagnes, de part et d’autre d’une rivière, il ne nous restait plus qu’à passer le pont.
Pour nous trois ce mois et demi en Équateur a vraiment été fantastique, et si c’était pas le Pérou ça n’en était vraiment pas loin.
J’espère que vous n’êtes pas trop déçus de ne pas découvrir un article de Sandra aujourd’hui, mais ne vous en faites pas, je ne suis pas près de refaire ça de sitôt, c’est bien trop de boulot, et le prochain anniversaire de Maman, ben c’est dans un an.

Ah au fait Maman, on te souhaite un très très bon anniversaire, gros bisous et a bientôt!

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Diomx dit :

    Wouah quelle aventure ce trajet en bus,J’ai bien aimé le moment du bus poursuivi par la police et la bagarre avec le gérant du cirque,en vous lisant on s’évade et on s’imagine comment tout votre trajet à du ce passer.
    Bonne continuation à vous et continuez à nous mettre des articles avec des photos 🙂 .
    Un petit coucou au passage pour Sandra.

  2. Monique dit :

    Quel voyage! Merci Guillaume d’avoir partage.

  3. ALAIN ET EVELYNE dit :

    Merci pour vos nouvelles qui nous font rêver…..
    On a souvent l’impression que nous sommes dans le bus avec vous.
    Et pour la bouffe ? comment cela se passe-t-il ? que mangez-vous ?
    N’avez-vous pas la  » tourista  » ?
    Bisous à tous les trois.

  4. Camille dit :

    Je viens de me lever, j’allume mon ordi au boulot, j’allume facebook,… et quel plaisir de découvrir les dernières news de mes 3 aventuriers préférés ! Have a good trip in Pérou ! =)

  5. Zack dit :

    A nouveau pays, nouvelles aventures !
    N’oubliez pas de continuer de nous donner des news de vos folles péripéties 😀

  6. Mamen dit :

    Hola Gringos.
    Que pena que con mi edad, ya no pueda soñar con hacer locuras de éstas. Son locuras que te hacen olvidar las penas, las envidias, el odio y te enseñan a comprender que solos, no seríamos nadie. La unión hace la fuerza y nos dais un curso de humildad que no debemos olvidar.
    Un abrazo muy fuerte a mis aventureros de los Maia y de abuelita.-
    Y como dicen los franceses « Chapeau » al fotógrafo.-
    Mamen.

  7. Chantal et Vincent dit :

    Merci à Guillaume,sans oublier Sandra et Damien.
    Il est vrai que le film  » Carnet de Voyage  » n’était qu’un aperçu
    de votre Aventure.
    On en redemande, et l’on oublie vite l’attente et les jours sans nouvelles de vous.
    Comme dit Vincent c’est que du BONHEUR !

  8. josiane dit :

    C’est pas un peu vous les « ALIENS »? Profitez au maximum de l’aventure,c’est maintenant et pas demain que l’on vit, c’est dans la mémoire que restent ces choses quand on ne peut plus les faire.
    Bisous à tous les trois.
    Josiane et Jean

  9. Morgane dit :

    Haha, quel plaisir de lire ce billet. On ne se connait pas mais c’est en farfouillant sur le net que je suis tombé sur vos aventures.
    Moi aussi je suis passé par là , une route qui m ‘a bien fait rire également, mais tape cul cogne tête quand même, le soir je n’avais qu’une envie : dormir!

    J’adore tes photos. Je n’en ai pas fait du ranchero ni du poste frontière, disons qu’il fallait que je détale avant que le gars de l immigration ne change d’avis car j avais dépassé mon visa de 17 jours.
    Bref, moi aussi j’ai fait un billet sur ce trip http://chiquitamorgana.tumblr.com/post/9487946924

    Good vibes amigos 😉

  10. Muta dit :

    Ahalala Morgane, que de souvenirs !
    Je suis prête à repartir tout de suite mais en attendant, je vais aller faire un petit tour sur ton site pour découvrir tes aventures !

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